Thèse de
Marc Duflot
Titre :
Application des méthodes sans maillage en
mécanique de la rupture des solides
Promoteur : Professeur Ordinaire NGUYEN-DANG Hung
Résumé :
La mécanique de la rupture est née de la nécessité
de tenir compte de la présence de "défauts" dans les solides.
Ceux-ci peuvent etre de différentes natures : entailles, défauts
mécaniques ou métallurgiques dus à une soudure, changements
brusques de géométrie,...
Or, on constate que, à cause des contraintes importantes générées
au voisinage des défauts, des fissures peuvent s'initier à
partir de ceux-ci. L'objet de la mécanique de la rupture est alors
la prévision des conditions sous lesquelles la fissure s'accroit
de façon instable. Plus précisément, cette jeune science
permet de déterminer
-
la réserve de résistance en fonction de la dimension de la
fissure,
-
la dimension critique de la fissure,
-
le délai acceptable entre la détection d'une fissure de dimension
tolérée et sa taille critique,
-
la fréquence de l'inspection des fissures.
Son champ d'application est tellement vaste (aéronautique, mécanique,
construction navale, génie civil,...) que personne ne peut ne pas
se sentir concerné par la mécanique de la rupture.
Habituellement, les milieux continus sont simulés par la méthode
bien connue des éléments finis. Son principe consiste à
diviser le domaine en sous-domaines de petite dimension sur lesquels les
équations gouvernant le problème sont intégrées.
Il apparaît donc que cette méthode requiert un pré-traitement
consistant à mailler le domaine d'intéret. Cette étape
peut etre assez couteuse surtout en 3 dimensions et/ou lorsque la géométrie
est complexe. De nouvelles méthodes, appelées sans maillage,
sont apparues dernièrement. La plus ancienne de ces méthodes
en mécanique des solides est la méthode des éléments
diffus (1992) et la plus répandue porte le nom anglais "Element
free Galerkin method" (1994). Comme leur nom l'indique, ces méthodes
ne requièrent pas de maillage pour construire l'approximation du
champ inconnu dans le domaine mais seulement un nuage de points. Lorsque
la géométrie du domaine étudié varie, ces méthodes
de simulation présentent un avantage déterminant sur la méthode
des éléments finis : il n'est pas nécessaire d'effectuer
un remaillage du domaine. C'est en particulier le cas en mécanique
de la rupture où la fissure peut croître ce qui nécessite
un effort de calcul important lors du remaillage du front de fissure par
la méthode des éléments finis.
De récentes publications laissent penser que les méthodes
sans maillage ont un grand avenir en mécanique de la rupture. Néanmoins,
nous sommes encore loin de les voir apparaître dans des codes de
calcul compétitifs avec ceux qui utilisent la méthode des
éléments finis. Parmi les problèmes qui demeurent
et que nous nous proposons de résoudre, citons :
-
L'extension de la méthode au cas tridimensionnel,
-
La diminution du temps de calcul par une évaluation plus rapide
des fonctions de forme et de leurs dérivées ainsi que par
une diminution du nombre de noeuds influençant un noeud donné
afin d'aboutir à une matrice de rigidité fortement creuse,
-
La connexion entre la méthode des éléments finis et
les méthodes sans maillage qui permettrait de concevoir des calculs
où seule la partie du domaine concernée par la fissure serait
modélisée par une méthode sans maillage, alors que
le reste du domaine bénéficierait des avantages traditionnels
de la méthode des éléments finis,
-
La mise au point d'une méthode qui n'a réellement besoin
d'aucun maillage de fond pour réaliser les intégrations comme
c'est le cas jusqu'à présent,
-
La conception de nuages de points auto-adaptatifs, i.e. un raffinement
de la densité de points là où la solution présente
un gradient élevé afin d'évaluer la solution avec
une précision élevée,
-
L'application de la méthode aux cas des problèmes non-linéaires
; ceci permettrait de tenir compte de la zone plastique présente
au front de fissure.
D'un point de vue plus pratique, deux aspects semblent aussi réclamer
une attention particulière :
-
Jusqu'à présent, les exemples d'application des méthodes
sans maillage ont toujours possédé des géométries
simples (cotés droits ou en arc de cercle) alors qu'il semble que
c'est dans le cas d'une géométrie quelconque qu'elles dévoileront
tout leur potentiel. Nous envisageons donc d'écrire un algorithme
tout à fait général. De ce fait, nous devrons alors
mettre au point une stratégie de répartition des noeuds dans
le cas de ces géométries quelconques.
-
Nous envisageons également d'utiliser la programmation orientée
objet pour écrire notre code de calcul. Cette approche, très
à la mode ces derniers temps, devrait permettre aux futurs chercheurs
dans ce domaine de réaliser des extensions à ce code avec
beaucoup de facilité.
Références :
Les personnes concernées par les méthodes sans maillage et
leurs applications en mécanique du solide consulteront avec intérêt
le site de l'équipe
du Prof. Belytschko. De nombreux articles de pointe dans le domaine
peuvent être téléchargés depuis celui-ci.
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